Ceci n’est pas (que) de la sculpture
- ML Teisseire
- 5 oct. 2025
- 3 min de lecture
Une pratique artistique ouverte aux autres médiums
Mes œuvres ne sont pas seulement des sculptures en bois, en pierre ou en métal. Ma pratique artistique s’est progressivement ouverte à d’autres médiums : photographie, papier, dessin et écriture.
Dans mon travail, les frontières entre les pratiques restent volontairement poreuses.

Une lettre typographique peut devenir sculpture. Le bois peut devenir support de dessin. Une photographie peut s'intégrer à la matière. Un document ancien ou une mémoire technique peut devenir le point de départ d'une création. Et le papier peut se transformer en objet, en volume, en cloison, en vitrail ou porter un message venu d'un autre temps.
Ce qui m'intéresse n'est pas tant de rester dans les limites d'une discipline que de chercher ce qui se passe à leur rencontre.
Quand les matières et les écritures se rencontrent
Cette façon de travailler est profondément liée à mon intérêt pour les traces, l'écriture et la mémoire.
L'écriture peut être dessinée, gravée, découpée ou sculptée. La matière peut devenir une surface à lire. Une photographie peut faire surgir une mémoire tandis qu'une forme sculptée lui donne une nouvelle présence.
Chaque médium apporte alors ses propres possibilités.
Le bois n'offre pas la même relation au geste que le papier. Une photographie ne raconte pas une histoire de la même manière qu'une sculpture. Une lettre découpée dans la matière n'est plus seulement un signe : elle devient volume, présence, objet.
Je ne cherche donc pas nécessairement à choisir entre sculpture, photographie, dessin ou écriture. Je cherche ce que chacun peut apporter aux autres.
Un fil tendu entre héritage et création
C'est dans cet esprit que j'ai eu le plaisir de croiser mon univers avec ceux de Claire Aïcha Grotowski (Filamensoie) et de Djoulia H, dans l'exposition Un fil tendu entre héritage et création, présentée à la Maison de Pays de Mornant.
Nos démarches étaient très différentes, mais elles se rejoignaient autour de questions qui me sont chères : l'héritage, la mémoire, la matière et la transformation.
Le lieu lui-même prolongeait ce dialogue. La Maison de Pays conserve en effet la mémoire du tissage du velours de soie, notamment à travers la présence d'un ancien métier à tisser. Cette histoire du geste et de la matière faisait écho aux trois univers présentés dans l'exposition.
Mes sculptures et mes œuvres sur papier y prenaient ainsi place non pas comme deux pratiques séparées, mais comme différentes façons d'explorer une même recherche.
Créer sans choisir entre les formes
Je crois que cette exposition m'a aussi permis de mieux comprendre ce qui relie mes différentes productions.
Ce n'est pas la matière qui définit mon travail. C'est ce que je cherche à faire émerger à travers elle.
Une sculpture, une photographie, une œuvre sur papier ou une installation peuvent ainsi appartenir au même cheminement dès lors qu'elles interrogent la trace, le signe, la mémoire ou la transformation.
J'aime cette liberté de pouvoir passer d'une forme à une autre, de laisser une idée trouver le médium qui lui convient plutôt que de lui imposer une forme prédéfinie.
C'est pour cela que je me reconnais dans cette idée : ceci n'est pas seulement de la sculpture.
C'est une manière d'explorer les liens entre matières et écritures, mémoire et création, héritage et présent.



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