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La patine du bronze : un dialogue à trois

  • Photo du rédacteur: ML Teisseire
    ML Teisseire
  • 30 juin
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 19 heures

Il y a quelques mois, je confiais Prima, une sculpture réalisée en serpentine il y a plus de 20 ans, à la fonderie Adobati pour qu’elle poursuive son histoire sous une nouvelle forme.


Patineur appliquant une patine sur une sculpture en bronze inspirée de la dame de Brassempouy, dans l’atelier de la fonderie.
La patine du bronze : un travail progressif où le geste du patineur révèle peu à peu la présence de la sculpture.

La retrouver aujourd’hui, après le travail de fonderie puis de ciselure, est une émotion particulière.

Car une fois le bronze coulé, l’œuvre n’est pas tout à fait terminée. Vient alors une étape essentielle : la patine du bronze.


Choisir une direction, puis laisser la matière répondre


La patine est un travail à plusieurs mains.

Je choisis d’abord la direction que je souhaite donner à la sculpture : ici, une présence bleutée, avec de la transparence et des contrastes permettant de laisser apparaître les nuances du bronze.


Puis commence un véritable dialogue avec le patineur.

Nous avançons progressivement, en observant la matière : un peu plus de bleu, davantage de transparence, un polissage pour faire apparaître une lumière, une nuance à atténuer ou au contraire à accentuer…


À chaque étape, la sculpture évolue.

Les oxydes, la chaleur et le geste du patineur transforment progressivement la surface du bronze. Une même forme peut alors prendre une présence très différente selon la manière dont elle est patinée.


Une rencontre entre deux savoir-faire


Ce que j'aime particulièrement dans cette étape, c'est la rencontre entre deux métiers.

Le patineur apporte son expérience de la matière, sa connaissance des réactions du bronze et son geste. Le sculpteur apporte son regard sur la forme, son intention et la manière dont il souhaite que l'œuvre soit perçue.


Il ne s'agit finalement pas de choisir simplement une couleur.

Il s'agit de chercher une présence.

Et cette présence ne se décide pas entièrement à l'avance. Elle apparaît peu à peu, dans l'observation et dans les échanges.


La patine du bronze devient ainsi une véritable étape de création, où l'œuvre se révèle autant qu'elle se transforme.


Une sculpture qui poursuit son histoire


Cette pièce a déjà plus de vingt ans d'existence sous une autre forme.

La voir renaître aujourd'hui en bronze lui donne une nouvelle histoire, sans effacer celle qui la précède.


La matière change, la surface se transforme, mais quelque chose demeure : une forme, une mémoire, un regard.


C'est aussi ce que j'aime dans le travail du bronze : une sculpture peut continuer à évoluer longtemps après sa première création.


Un grand merci à Orelle et Basile, ainsi qu'à toutes celles et ceux qui ont contribué à l'élaboration de cette pièce.

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