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Des trésors pour qui sait regarder : des scolytes à l'éveil du regard

  • Photo du rédacteur: ML Teisseire
    ML Teisseire
  • 5 juin
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

Accueillir des classes — de la maternelle au primaire — dans une exposition collective mêlant sculpture, peinture, photographie et installation, c'est une occasion rare : leur montrer que l'art est un espace de liberté, que les chemins d'expression sont multiples, et que dans un monde où il est parfois difficile de trouver sa place, la créativité peut être une voie — la sienne, singulière et précieuse.


J'avais apporté un tronc de frêne — porteur des galeries creusées par des scolytes, ces insectes qui ont traversé l'écorce et laissé derrière eux des tracés d'une précision et d'une beauté stupéfiantes.


Tronc de frêne marqué par des galeries de scolytes présenté à des enfants lors d'une exposition à l'espace Gyltiss.
Les galeries ses scolytes se révélant sous les yeux des enfants

C'est la découverte de ces troncs tombés au sol, écorces ouvertes, qui est à l'origine de tout le travail exposé à Gyltiss.


Les œuvres exposées à l'espace Gyltiss sont nées de ces traces discrètes laissées sous l'écorce. Elles sont la preuve qu'un simple détail, remarqué un jour au détour d'un chemin, peut devenir le point de départ d'une longue exploration.


Devant les enfants, j'ai posé la question : "Qui a pu laisser ces traces ?"

« Les griffes d’un écureuil ... Celles d’un tigre ! »

L'imaginaire était déjà à l'œuvre.


C'est cela, l'éveil. Pas transmettre un savoir, mais ouvrir une fenêtre — sur le vivant, sur le sensible, sur ce qui nous entoure et qu'on ne sait plus voir. Ces galeries de scolytes, peu de personnes les remarquent. Ce sont des œuvres que la forêt produit en silence. Apprendre à les voir, c'est apprendre à regarder autrement — et peut-être, à vivre autrement.


Mon rôle dans ces moments de transmission est d'être passeur de regard. Montrer que la beauté n'attend pas les musées. Qu'elle est là, sous l'écorce, dans la texture d'un bois, dans le geste d'un insecte. Que l'art naît souvent de ce que l'on croyait ordinaire, voire invisible.


Ces enfants ont touché, questionné, dessiné. Ils ont choisi une œuvre de l'exposition et l'ont interprétée avec une justesse et une rapidité qui dit tout de leur capacité naturelle à saisir l'essentiel — quand on leur en donne l'espace.


C'est peut-être ça, la fonction profonde de l'art : rappeler que chacun porte en soi un regard unique. Et qu'il mérite d'être cultivé.

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