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Reliques : les galeries de scolytes révèlent un monde dans l’écorce

Photo du rédacteur: ML Teisseire
ML Teisseire
27 août
2 min de lecture

Que reste-t-il d’une écorce lorsqu’elle est tombée de son arbre ?

Un fragment de bois desséché, voué à disparaître. Une matière ordinaire, presque insignifiante.

C’est pourtant dans ces fragments que j’ai trouvé une matière à regarder autrement.


Détails de la série Reliques, écorces parcourues de galeries de scolytes révélées par de la poudre d’or.
Reliques — écorces scolytées révélées par la poudre d’or

Les écorces que j’utilise pour la série Reliques portent les traces du passage des scolytes. Sous leur surface, leurs galeries dessinent un réseau de lignes, de creux et de reliefs.

Elles évoquent parfois des paysages : des rifts, des lits de rivières asséchées, des réseaux qui se croisent et se séparent.


J’interviens avec de la poudre d’or.

Elle se dépose sur les reliefs, accroche la lumière, souligne les creux et fait apparaître ce qui pouvait jusque-là rester presque invisible.


Le bois semble alors changer d’échelle : ce qui n’était qu’un morceau d’écorce devient un paysage.


L’or introduit aussi une autre lecture. Il donne à ces fragments l’apparence de vestiges précieux, comme ces morceaux de bois anciens retrouvés parmi des objets enfouis, conservés parce qu’ils portent encore quelque chose d’un monde disparu.


C’est de cette idée qu’est né le titre Reliques.


Mais ici, la relique n’est pas celle d’une civilisation. Elle est celle d’un arbre, et du minuscule monde qui a vécu sous son écorce.


Le scolyte, presque invisible à l’échelle humaine, laisse pourtant derrière lui une architecture complexe. Ses galeries sont le résultat de son cycle de vie, mais deviennent, après son passage, une empreinte que l’on peut regarder autrement.


Révéler plutôt que transformer.


C’est ce qui se joue dans cette série : faire apparaître la beauté d’une matière que l’on ne regarde habituellement pas, donner une valeur nouvelle à ce qui semblait voué à disparaître.

La poudre d’or ne crée pas le paysage. Elle le révèle.


Et dans cette écorce devenue relique, ce qui était minuscule prend soudain une autre dimension : un monde se donne à voir là où l’on ne regardait presque rien.

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