Quand une exposition devient un conte collectif
- ML Teisseire
- 17 avr. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 22 heures
L’exposition Traversées Intérieures, présentée à La Côte Saint-André, est aujourd’hui terminée. Pourtant, elle continue autrement.
Pendant toute la durée de l’exposition, j’avais proposé aux visiteurs un geste très simple : déposer un mot sur un arbre, comme on y accroche une pensée, une émotion, un souhait ou peut-être un fragment de son propre récit. Ce dispositif avait été imaginé dès la conception de l'exposition.

Au fil des jours, les mots se sont accumulés.
88 mots.
88 fragments, parfois très courts, parfois plus énigmatiques, qui semblaient attendre qu’une histoire leur donne un nouvel espace.
Des mots de visiteurs au conte collectif
À la fin de l’exposition, j’ai recueilli ces mots.
Je les ai laissés infuser, sans chercher immédiatement à leur donner un sens. Puis, peu à peu, des rapprochements, des échos et des images sont apparus.
De cette matière est né un conte collectif, écrit à partir des mots déposés par les visiteurs.
Je ne savais pas, en proposant cette participation, quelle forme prendrait ce qui allait naître. C’est justement ce qui m’intéressait : laisser une place à l’inattendu et permettre à chacun de contribuer, même de façon très discrète, à la suite de l'exposition.
Le conte n’est donc ni le récit de l’exposition, ni le mien.
Il est un récit né de la rencontre entre une œuvre, un lieu et ceux qui l’ont traversé.
Chacun des 88 mots en constitue une petite part.
L’exposition, qui avait pris fin dans l’espace physique de La Côte Saint-André, pouvait ainsi continuer à vivre ailleurs : dans l’imaginaire, dans les mots et dans la lecture de chacun.
Prolonger l’art dans l’intime
Cette expérience rejoint une dimension importante de ma démarche : je m’intéresse autant à ce qui se passe entre l’œuvre et celui qui la regarde qu’à l’œuvre elle-même.
Une exposition peut être un espace où l’on observe, mais aussi un espace où quelque chose résonne en soi.
Avec Traversées Intérieures, je souhaitais justement ouvrir cet espace de résonance : permettre aux visiteurs de ne pas seulement regarder les œuvres, mais d'y déposer quelque chose d'eux-mêmes.
Deux témoignages laissés à l’issue de l’exposition m’ont particulièrement touchée :
« Splendide exposition remplie d’émotions, d’humanité, de beauté et d’une création rare ! Bravo ! »
Et :
« Merci pour ce voyage dans la finesse, la poésie et l’humanité. »
Ces mots sont eux aussi une manière de prolonger l’exposition.
Ils racontent ce que les œuvres peuvent parfois provoquer lorsqu'elles rencontrent un regard disponible : un voyage intérieur, une émotion, une résonance.
Aujourd’hui, c’est donc à mon tour de vous proposer un nouveau voyage.
Celui du conte né des 88 mots déposés pendant l’exposition.
📖 [Lire le conte]
Et peut-être y reconnaîtrez-vous, au détour d’une phrase, un mot que vous aviez vous-même choisi de déposer sur l’arbre.



Commentaires