Faire respirer l’espace : la scénographie de l’exposition Vivre !
- ML Teisseire
- 4 sept. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 19 heures
Après avoir réfléchi à la manière d'habiter le prieuré de Marnans sans en altérer la vocation ni la présence architecturale, restait une question : avec quelle matière intervenir ?
J'ai choisi le papier kraft.
Une matière humble, légère, presque fragile. Une matière qui pouvait structurer l'espace sans chercher à rivaliser avec lui.

Papier et lumière au cœur de la scénographie d’exposition
Plutôt que de fermer ou de cloisonner complètement la nef, j’ai choisi de suspendre de grands pans de papier kraft.
Le choix de sa couleur n’était pas anodin. Son ton naturel entre en résonance avec la pierre du prieuré et se fond dans les tonalités du lieu, plutôt que de créer une rupture trop forte avec son architecture.
Le papier pouvait ainsi structurer l’espace sans chercher à rivaliser avec lui.
Les pans ont été découpés de motifs qui laissent volontairement passer le regard. Il ne s’agissait pas de créer des cloisons opaques, mais de délimiter les espaces tout en conservant les perspectives et la perception de la nef.
Ces découpes avaient également une autre fonction : rappeler les vitraux du lieu. Par leur dessin et leur manière de laisser filtrer la lumière, elles établissaient un dialogue discret avec les ouvertures de l’église.
Le papier devient alors plus qu’un simple matériau de séparation : il devient une matière d’espace, en lien avec l’architecture et avec la lumière.
La lumière comme partenaire

La lumière était l’autre élément essentiel de cette scénographie.
Elle traverse les découpes du papier, les souligne, les projette sur les surfaces environnantes et fait apparaître des jeux d’ombre et de lumière qui évoluent selon l’heure et le point de vue.
Les découpes permettent ainsi à la lumière de circuler comme le regard. Elles ne ferment pas : elles filtrent, suggèrent, cadrent.
C’est aussi ce qui m’intéressait dans leur évocation des vitraux. Sans chercher à les imiter, les papiers découpés reprennent quelque chose de leur fonction : transformer la lumière en présence visible.
Le papier devient tour à tour écran, filtre, frontière ou ouverture.
Et la lumière, en venant le traverser et en projeter les motifs, participe elle-même à la composition de l’espace.
De la scénographie à l’expérience

Cette expérience m’a rappelé combien une matière très simple peut modifier profondément notre perception d’un espace.
Quelques feuilles de papier, des découpes, de la lumière : il n’en faut parfois pas davantage pour créer une atmosphère, guider un regard, suggérer une limite ou ouvrir une perspective.
C’est aussi ce qui m’intéresse dans les installations : sortir de l’objet pour réfléchir à ce qui se passe entre l’œuvre, le lieu et celui qui la regarde.
À Marnans, le papier n’était donc pas seulement un matériau de scénographie. Il est devenu un élément à part entière de l’expérience de l’exposition.



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